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vendredi 29 février 2008

cool for cats

Petit pas pour l'humanité, grand pas pour moi, j'ai parlé à mon père de ce surfeur australien qui va venir poser ses valises dans mon armoire ikéa ! C'était bien ! Il m'a dit qu'il était heureux pour moi ! Il avait l'air fier en fait !

Pendant ce temps, Mr. Bruni est parti en Colombie pour ronger de ses propres dents les liens autour des poignets d'Ingrid... Malheureusement, elle lui a refilé son hépatite... il est maintenant gravement malade du foie : intransportable ! Ingrid a retrouvé la forme, mais veille Mr. Bruni sur son lit d'hôpital à Caracas ! Carla est un peu triste et Fillon jubile ! La France en profite pour faire un break ! Demain, nous sommes tous en RTT les petits chats !

Cool for cats qui dit mon amoureux !

lundi 25 février 2008

Le respect

Au-delà de la confirmation de son flagrant manque de classe, le "casse-toi, pauvre con" m'inspire plusieurs réflexions :
1/ la première porte plus précisément sur la teneur de nombreux commentaires glanés sur web : la provocation à laquelle a répondu Sarkozy semble presque unanimement condamnée. On s'étonne que tout un chacun tutoie "Mr. le Président" (sic). On va même jusqu'à dire parfois que "je n'ai jamais entendu qu'on ait jamais parlé si mal un jour à un président en exercice." En arrière-plan, mon esprit pervers ne peut s'empêcher de comprendre : "Comment les pauvres osent-ils parler de cette manière au Président ?"
2/ NS est un pro de la com : tout le monde le sait. Il est au salon de l'agriculture : il se sait photographié, observé, filmé. Tout cela ne l'incite pas à garder pour lui ses coups de sang. Non, non, non : il traite celui qui l'a provoqué de "pauvre con". Outre le mépris qui transparaît dans la formule, on pourrait, peut-être dans une tentation complotiste, s'imaginer que la sortie est calculée. L'objectif : a) montrer qu'il est comme nous quand on dit "pauvre con" entre ses dents à celui qui nous a bousculé dans le métro = le vrai président des Français ; b) détourner l'attention de vraies questions politiques, comme le mépris de la décision du Conseil constitutionnel = l'écran de fumée à deux euros ; c) faire flipper les agriculteurs à qui ils consacrent seulement deux petites heures de son temps et à qui il annonce qu'il va falloir reformer la PAC = faites-pas chier, les bouseux !
En fait, je crois que NS s'en fous. Aller au salon de l'agriculture, ça le gonfle. D'ailleurs, sa dernière sortie avait eu lieu lors d'une rencontre avec des pêcheurs. Du coup, il s'énerve un peu. Mais ne voit pas forcément où est le problème. Comme il ne voit sûrement pas le problème de remettre en question la décision du Conseil constitutionnel ! Ou celui de remettre en question la laïcité si ça peut lui permettre de rétablir un semblant de paix sociale grâce à la religion. C'est un projet politique qui se dessine jour après jour : celui du dernier de ses conseillers qui a parlé. D'ailleurs, ils ne passent même plus par lui pour s'exprimer... soulignant ainsi la chaos du discours présidentiel. NS n'a peut-être aucune vision de la fonction présidentielle et il n'est vraisemblablement pas un idéologue. Il me fait juste penser à mon ancien chef chargé de réorganiser le service. Ou même à un Bush (le numéro 1 ou 2, c'est au choix) mandaté pour imposer une politique qu'il n'a pas fixée lui-même.

mardi 19 février 2008

idiote

`

Le taux de satisfaction del Presidente est en chute libre : 36 % pour Libé aujourd'hui.
S'il arrive à 0, on fait quoi ?
On continue de le regarder tomber ?

question idiote : est-ce qu'on peut avoir un taux de satisfaction négatif ? Je suis sur qu'il peut y arriver !

obsession post-moderne

Dans technikart de février, Virginie Despentes signe une excellente chronique sur Britney :
"Britney, on dirait que Minnie a brûlé son costume et qu'elle déambule une tronçonneuse dans une main et une bouteille de bière dans l'autre."

Sinon Anthony a largé les mollassons Johnsons pour une partouze disco avec Hercules and Love affair. ça s'appelle Blind et ça ressemble vachement à du Jimmy Sommerville en version 2008. J'ai déjà dit que je rêvais de me marier avec Jimmy Sommerville quand j'avais 14 ans ? A 30, je suis maqué avec son sosie. Quand à moi, on m'a déjà dit que je ressemblais à Anthony. C'est à cause des joues, je pense. En tout cas, la boucle est bouclé pour une lascive partouze disco. Ce sera toujours plus sympa que le gang bang néo-libéral de l'an I Sarkozy. Maintenant je sais pourquoi tout était mieux avant !

lundi 4 février 2008

Ceci n'est que mon sang - le retour

C'est Jean-Daniel Flaysakier qui le dit.

" Je suis en mesure de vous préciser aujourd'hui que le ministère ne reviendra pas sur la position qui est celle de tous les pays occidentaux et de l'OMS. Il est toujours demandé aux homosexuels de ne pas donner leur sang. Les risques potentiels, liés à la période "silencieuse" de la contamination, cette fenêtre de deux semaines environ, font que le seul pays qui soit revenu en arrière, le Danemark, à du y renoncer après un cas de contamination avéré."
Puisque "tous les pays occidentaux" et l'OMS sont d'accord, pourquoi se priver d'une discrimination qui calme les terreurs de tous ceux qui sont rassurés de croire que le sida ne touche que les pd.

JD ajoute : "Et, en l'occurrence, dans un système fragile et toujours convalescent comme l'est la transfusion sanguine en France, on doit minimiser le risque, fût-ce au point de heurter voire de choquer certains."

Je n'ai pas trouvé de confirmation de cette info.

mardi 22 janvier 2008

vidé

Après avoir vu la manif des anti-avortements dimanche, fait le tour des sites internet de leurs associations lundi et fini d'écrire un compte-rendu de la manif ce matin, je me sens complètement vidé.



C'est drôle comme à chaque fois, derrière les fanfaronades et la dérision, ce genre de manifestations me blessent. L'image vient d'une manifestation de la Westboro Baptist Curch qui perturbe les enterrements des soldats américains morts en Irak. Pour Fred Phelps, le fondateur de la secte baptiste, la complaisance des Etats-Unis envers les homosexuels est la cause de la colère divine punissant l'Amérique par ses soldats. Lui et sa famille (les membres de la secte font presque tous parti de sa famille) manifestent donc en marge des funérailles avec leurs pancartes : "God Hates Fags". Ils aiment aussi s'attaquer aux cérémonies funéraires des homosexuels victimes de meurtres homophobes ou décédés des suites du Sida.

C'est comme si à chaque fois, il fallait sortir de soi pour voir le monde tel qu'il est et pour garder les yeux ouverts sur la haine fondamentale de certains prêts à tout pour imposer leur névrose au monde. C'est comme perdre un petit bout de soi-même et de son innocence. C'est aussi voir s'éloigner un petit plus les rêves qu'on a nourri depuis longtemps sur notre capacité à vivre ensemble.

Un pyjama, un bol de chocolat, PJ Harvey et les rideaux fermés... quelques heures en paix ! Et puis je repartirai car comme Lara Fabian : "J'y crois encore/on est vivant tant qu'on est fort !"

lundi 21 janvier 2008

Ceci n'est que mon... rein droit

Si les homos français devrait désormais avoir le droit de donner leur sang, ceux du Canada n'ont plus celui de donner leurs organes. Le ministère fédéral de la Santé a en effet décider d'exclure tout homme ayant eu un rapport homosexuel dans les 5 dernières années.

L'argumentaire soutenant cette nouvelle stigmatisation est le même que celui qui justifiait l'interdiction pour les homos français de faire don de leur sang et de leurs petites plaquettes.

Heureusement, au québec ils ont des médecins comme Mark Walsh, directeur des chirurgies de transplantation du foie et des reins, au centre des sciences de la santé Elizabeth II, à Halifax : «Cette disposition est ridicule. Nous devrions faire attention de ne pas dire aux gens "ne vous donnez même pas la peine de penser au don d'organe". Cela va refroidir tout un pan de la population, ce qui est injuste, autant pour les donneurs que pour les receveurs.»

Ou comme Jean-Luc Wolff, néphrologue au Centre hospitalier de l'Université de Sherbrooke : «Je crois personnellement que quelqu'un qui a une relation homosexuelle stable avec un partenaire unique n'est pas forcément plus à risque de transmettre une maladie que quelqu'un qui est hétérosexuel et qui a les mêmes pratiques. »

La photo est une création de Murielle Belin !

jeudi 17 janvier 2008

fin janvier - début décembre

Si j'étais une pop star de l'année 2007...
... je serai The Kills. Rien que pour leur morceau No Wow, parce que quand on crée un groupe en "The", mieux vaut savoir composer des morceaux comme ça. Aussi peut-être pour leur "I call it art" sur l'album hommage à Gainsbourg "Mr Gainsbourg Revisited" (qui comporte aussi une reprise de "Boomerang" par Feist, Gonzales et Dani).

... je serai Roisin Murphy. J'adorais Roisin dans Moloko et le concert de leur dernier album m'avait scotché... ou plutôt m'avait fait décoller les pieds du sol. Sans en avoir l'air, cette fille a une présence de dingue sur scène. Son premier album solo contenait déjà des perles pop comme Dear Diary. Le second en comporte bien d'autres dont Dear Miami qui met dans le mille sans en faire trop.

... je serai The Go! Team, le groupe qui fait bondir. En CD ou en concert, chez soi ou dans son i-truc : un bon moyen de se donner l'envie de sautiller bêtement. Après Junior Kickstart sur le premier album, Keys to the city me met en transe.

... je serai Architecture in Helsinki, non moins bondissant groupe australien. Si je transpire dans mon slip sur Hold Music (et si j'ai obligé tous mes anciens collègues à se donner la patate en regardant le clip), je mouille aussi sur Nothing 's Wrong ou sur The Same Old Innocence ! En plus, ils sont australiens... et j'ai comme un truc avec l'Australie en ce moment !

... je serai Sufjan Stevens rien pour sa reprise de Ring Them Bells sur la BO de I'm not there. Aussi parce qu'il est joli comme un coeur, sauf que si j'étais lui j'aurais envie de me faire l'amour tout le temps !

Woaw, tu es trop belle... je serai Kylie, notre disco warrior, qui malgré toutes les épreuves garde la note d'une disco sucrée sans faille. Après 2 Hearts qui fait miauler, elle rejoint le camp des "rien à foutre que le monde soit tout pourri, je danse quand même" avec WOW. En plus, elle est australienne... et j'ai comme un truc avec l'Australie en ce moment !

... je serai The Ravoenettes. Parce que Dead Sound est un morceau parfait : de la surf music la plus hédoniste mélangée aux sons du garage de tes parents ! Lust, Lust, Lust est tout simplement parfait... mis à part que Twilight et Somewhere in Texas sont sur l'album précédent.

... je serai l'éternel Etienne. S'il fallait 20 ans de carrière pour composer un morceau comme Boulevard des Capucines, c'est que ça valait la peine. Heureusement il n'y a pas que celui-là. Et sur L'invitation, il réussit à faire du grand Daho à la Saint-Lunaire, Dimanche matin tout en se renouvellant. C'est assez troublant.
... je serai les Breeders bien sûr qui sortent un nouvel album en 2008. Ca tombait bien Tittle TK commençait à être sacrément rayé. Elles passent en concert au mois d'avril. Ouf, plus que 3 mois d'attente. I Love You Kim !

mardi 15 janvier 2008

Thank's god, i'm white trash loser

Quand j'étais petit, j'adorais Hole, le groupe de Courtney qui n'était pas encore la veuve de Cobain. Attention, ce n'était pas encore l'album Live Through This avec ses morceaux à chanter avec une brosse à cheveux devant le miroir pour se prendre pour une rock star de MTV (et seul le Dieu des PD sait le nombre de fois où j'ai interprété Miss World devant ma glace) ! C'était le premier album de Hole : Pretty on the inside. Si les paroles de la chanson titre sont limpides sur les intentions (is she pretty on the inside, pretty from the back ? is she ugly from the inside, ugly from the back ?), on ne peut pas en dire de même du son de ce premier album. Ca gratouille, c'est cra-cra, ça grésille, ça vocifère. J'aimais chez Courtney qu'elle n'était pas Kurt, l'idole de tous les mecs hétéros du village. J'aimais Courtney, parce qu'elle ne faisait pas vraiment rock star. D'ailleurs dans le livret, il y avait une photo d'elle petite. Enfin j'ai toujours cru que c'était elle petite. Mais peut-être pas. En tout cas, c'était une petite fille américaine tout ce qu'il y a de plus banale dans sa chemise de bûcherons trop grande. J'ai toujours cru aussi que cette photo avait inspiré les premières scènes de Monster. Quand on voit cette fille qui rêve de devenir marylin devenir une pute aussi sûrement qu'elle rêve d'être désirée.

J'aimais surtout Courtney parce qu'avec elle, j'ai découvert le rock indépendant américain des chemises à carreaux et des cheveux pas toujours soignés. Passer des coiffures sophistiquées et improbables de Mylène Farmer (en poster dans ma chambre, pas sur ma tête) au no-look total des Pixies (c'est pour ça que je m'énerve quand on dit que Kim Deal est grosse : c'est hors sujet !), ça a dû faire un choc à mes parents. Mais les Pixies avaient plus l'air de banlieusards répétant dans le garage des parents de Francis, alors que Courtney était vraiment mon idole white trash.

Puis j'ai grandi en gardant la conviction que la chemise à carreaux restait no way, même si mes idoles la portaient à ravir... ou pas d'ailleurs. Je suis revenu vers la musique commerciale en découvrant qu'elle avait parfois du talent. J'étais trop libertaire pour avoir des idoles, mais comme tout le monde j'ai été fasciné par la jeune Britney : Hit me baby one more time, Oups I did it again. C'était troublant de la voir prendre autant de plaisir à s'amuser de son propre pouvoir sexuel. Et de se foutre de la gueule de l'Amérique en prétendant vouloir rester vierge jusqu'au mariage.

Vite, vite, Brit-Brit est devenue la chanteuse la mieux payée au monde. Elle avait beau tenter de sucer l'âme de Madonna par la bouche, elle restait juste super vulgaire. Comme si la joie de sa propre sensualité l'avait quittée ! Britney avait été détruite par le système (version romantique) ou se révélait telle qu'elle était vraiment (version pragmatique). Britney au fond est 100 fois plus white trash que Courtney. Parce que quand Courtney doit parfois surjouer une vie sordide, Britney, elle, y est jusqu'au cou. Britney se fait faire des gosses par un loser, mais c'est quand même lui qui héritera de la garde des enfants. Britney sort en boîte avec Paris, mais se fait prendre en photo sans culotte, sans soutif, couchée dans son vomi. Britney relance sa carrière, mais tout le monde se fout de sa gueule et la traite de grosse vache, tellement défoncée qu'elle est incapable de retenir une chorée. Un jour Britney ne se reveillera pas. On accusera le système et les paparrazi. Si elle meurt pas trop abïmée, elle deviendra une sorte de Marylin. Sinon une sorte de Lolo Ferrari. Pathétique. D'ailleurs son dernier album est d'une tristesse à pleurer, c'est le plus white trash des albums de r'n'b. Sincèrement, c'est presque aussi beau qu'un album de Nirvana : autant de souffrance mise à nu dans la lumière crue des rythmes d'une discothèque en train de fermer.

J'aime Britney parce qu'elle est vulgaire. Qu'elle agite son cul autour d'une barre de pole dance, parce que c'est l'unique chose qu'on attend d'elle. Mais qu'elle le fait avec un désespoir vraiment rock n' roll (en tout cas, bien plus que cette petite merdeuse d'Avril Lavigne ou que ces petits cons de Sum 41). Sincèrement, vous avez pas l'impression qu'elle est en train de vous dire : je t'emmerde !

dimanche 13 janvier 2008

Pas de fumée sans feu !

Après une succesful interview sur la radio australienne (oui, ça n'a pas de sens mais j'ai été interviewé par la radio australienne sur l'interdiction de fumer dans les bars !), je décidai d'aller voir par moi-même si, comme ces êtres de l'autre bout du monde (en bas à droite) le pensaient, l'interdiction de fumer aller changer l'ambiance renomée de nos french cafés !

Je me suis donc rendu au Pop In hier soir. Le Pop in, c'est un de mes bars préférés à Paris ! Déjà parce qu'on peut y danser comme un petit fous sur du rock et de la pop. Ensuite parce qu'on y croise de jolis garçons à mèche qui parlent toutes les langues de la planète (enfin je m'emballe... disons toutes les langues européennes). Mais surtout parce que la piste de danse est cachée dans une cave : on monte un escalier branlant, on suite un couloir étroit, on redescend un autre escalier... et on arrive dans une pièce minuscule dont même moi je peux toucher le plafond avec mes mains. C'est là qu'on danse. On y est toujours trop nombreux, il fait trop chaud et jusqu'à quelques semaines il y avait trop de fumée... On y a à la fois l'impression d'être dans un endroit un peu souterrain et donc underground et à la fois celle de faire une boum dans le garage de chez papa-maman. Bref les conditions idéales pour se laisser complètement aller à danser.

En faisant mes premiers pas sur le dancefloor, j'ai été ravi de cette atmosphère saine et respirable qui prolongerait mes capacités pulmonaires pour sautiller sur Song 2 de Blur. Juste un peu troublé par l'absence de ce brouillard qui rendait tout cela un peu plus fébrile.

Jusqu'au moment où j'ai senti l'odeur d'un pet ! Puis d'un second... avant de me rendre compte que mes voisins de déanchage sentaient le chacal mort ! Si Dieu a donné les cigarettes aux rockeurs, c'est pour qu'ils oublient les odeurs naturelles qui rendent la nuit tout de suite moins glamour ! Welcome in the future !

mardi 8 janvier 2008

attention à la bureaucratie.... arrrrrghhhh !

Selon une légende inventée par moi-même et que j'essaye de répandre depuis de nombreuses années sous les rires francs de mes amis (dû à mon imitation d'un homme en train de mourir à cause d'un piolet qu'il aurait planté dans le dos), ce sont les derniers mots de Trostky : "attention à la bureaucratie... arrrrrghhhhh ! (marche aussi avec Lenine en version allongé).

Tout ça pour dire que je ne sais pas si je viens de vivre une scène digne de la plus absurde bureaucratie... ou un déni de démocratie digne des plus chatoyantes républiques bananières de notre belle planète.

Pour résumer, avant je vivais dans le 11e. Un jour, j'ai décidé de devenir un adulte responsable : plus question de devoir retourner chez papa pour remplir mes devoirs civiques. Je serai désormais inscrit sur les listes électorales de mon arrondissement. Je me sens toujours aussi névrosé, mais au moins je peux aller à pied au bureau de vote. J'en profite pour voter contre l'omni-président comme dirait le canard enchaîné. Tout se passe bien, sauf que je perds ! Au premier tour, ma candidate favorite est éliminée... mais on me remets une nouvelle carte plus jolie que la première ! Au second tour, ma candidate de rattrapage perd aussi ! Mais qu'à cela ne tienne, je me dis que je voterai communautaire à la prochaine élection (je plaisante : il n'y a pas de raison de voter pour quelqu'un en raison de son orientation sexuelle) !

Sauf qu'en rentrant de chez papa, chez qui j'ai passé Noël, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir qu'une commission qui s'était réunie le 19 décembre avait décidé de me radier des listes électorales. Ah oui, j'ai oublié de vous dire à vous aussi que j'ai déménagé dans le 20e il y a un an et demi. J'étais un fantôme électoral prêt à donner sa voix fictive. Malheureusement, le temps de décacheter l'enveloppe, la dead line pour s'inscrire sur les listes du 20e était dépassée. Cette fois, je suis vraiment devenu un zombie électoral prêt à toutes les incivilités et je devrais attendre au moins une année pour me réincarner en type bien ! Ok, ok, c'est de ma faute. J'avais qu'à remplir mon devoir de signaler ma nouvelle adresse.

Ce qui me chifonne : j'ai reçu cette lettre le jeudi 27 décembre (le cachet de la poste faisant foi, je l'ai vu à la télé) et la date limite de l'inscription était le 31 décembre. Ce qui m'aurait laissé 3 jours ouvrés pour m'inscrire si comme la plupart des parisiens d'origine provinciale je n'avais pas été en train de me faire chier à la campagne ! Et ce qui me chifonne encore plus : ils ont pu trouver mon adresse (c'est facile il me l'avait demandé au bureau de vote en me remettant ma nouvelle carte) pour m'envoyer cette lettre. Pourquoi n'ont-ils pas pu la trouver au moment de me dire : Eh Mec ! On va te radier si tu ramènes pas tes fesses tout de suite (accent de la doublure d'Eddie Murphy) !

Même après avoir appelé le numéro indiqué sur la lettre pour plaider ma cause, le mystère reste entier. Mais si Bertrand perd à une voix près, on saura qui accuser !

lundi 31 décembre 2007

just like a woman

Libé a eu l'idée d'interroger 6 new-yorkaises à propos d'Hillary Clinton. En arrière-plan , la question de savoir si les femmes vont voter pour Hillary Clinton parce qu'elle est une femme. Comme pour la candidature de Ségolène Royal, on voit bien que pour certaines femmes c'est un argument de poids. Avec le rêve légitime de voir enfin une femme présidente. Pour d'autres, dont de nombreuses féministes, le sexe du candidat n'a pas à être pris en compte. Ce qui compte : ses idées et ses capacités à assumer la fonction présidentielle. On aimerait que ce soit vrai. Qu'on puisse choisir un candidat indépendemment de sa couleur de peau, de son genre, de sa classe sociale et de sa sexualité. Mais ce serait mettre son petit mouchoir bien pensant sur ce qu'Aimé Césaire appelait " deux mille ans d'insulte".

Parce que pour les adversaires d'Hillary Clinton comme pour ceux de Ségolène Royal, le fait que des femmes puissent accèder à la fonction présidentielle n'est pas un détail dont il ne faut pas tenir compte. Leurs candidats sont toujours des hommes blancs hétérosexuels issus des classes sociales les plus favorisés et ça n'est pas un hasard. Mais étrangement on ne pose jamais cette question aux hommes blancs hétérosexuels issus des classes supérieures de la société. Allez-vous voter pour ce candidat parce qu'il vous ressemble ?Parce qu'il vous assure que votre place de dominant social ne sera jamais remise en cause par quelqu'un comme lui... comme vous ?

Cela dit pas d'angélisme : une femme présidente ne veut pas forcément dire une présidente féministe. Mais la politique n'est pas faite que d'actions. Elle se nourrit aussi de symboles et de mythes. Et si les conservateurs de tous poils n'ont aucune gêne à utiliser les mythes de la féminité pour dénigrer leurs adversaires femmes, pourquoi ne pourrions pas nous battre pour que les symboles fassent avancer notre cause ? On attaque Hillary Clinton sur son physique (trop ridée), sur son look (trop décolletée), sur sa froideur (qui s'opposerait à l'image maternelle chaleureuse que chaque femme est en devoir de renvoyer). D'ailleurs quand elle met en place des stratégies de communication pour apparaître plus friendly, on lui reproche d'être trop centrée sur la famille et de n'être du coup pas capable d'être présidente. En un mot, quand elle se positionne en chef d'Etat potentiel, on lui reproche de n'être pas assez féminine. Et quand elle se positionne en femme, on lui reproche de ne pas avoir la carrure d'un chef d'Etat. Les gays, les lesbiennes, les arabes, les noirs, toutes les minorités connaissent bien ce jeu des injonctions contradictoires qui font que quelque posture qu'on prenne, on n'est jamais assez bien pour obtenir un traitement égalitaire.

Tout ça pour dire que je ne soutiens pas plus Hillary Clinton que Ségolène Royal. Mais qu'on pourrait s'interroger pour savoir jusqu'à quel point leur handicap électoral lié à leur genre a une influence sur leurs positions centristes à la marge la plus droitière de leur propre parti ? Ont-elles à ce point besoin de gommer toute trace de radicalité politique pour faire oublier qu'elles sont des femmes ?

mardi 18 décembre 2007

Ceci n'est que mon sang

Ca y est ! Enfin ! Roselyne l'a annoncé il y a un peu moins d'un mois dans son discours du 1er décembre. L'exclusion des homosexuels du don du sang est "discriminatoire" et "intolérable". Sainte Roselyne, patronne des pd en tailleur à épaulettes jaune canari ! En même temps, elle s'est pas rendu compte de ça toute seule. Les associations de lutte contre l'homophobie, dont SOS homophobie qui travaille sur la question depuis 2005, ont dû la pousser un peu pour prendre la décision de lever l'interdiction faite aux pd de donner leur sang. Signalons aussi qu'elle ne fait ici que poursuivre les engagements déjà entrepris par Xavier Bertrand qui avait tenu au chaud le siège du ministère pendant le gouvernement Villepin.

Petit rappel : le sang prélevé par l'EFS (Etablissement Français du Sang) est bien sûr systématiquement testé. On pourrait donc penser qu'il suffirait de retirer le sang testé positif au VIH ou à d'autres maladies. Ce serait sans compter sur la "fenêtre sérologique" qui peut rendre le virus indétectable dans les quelques mois suivant la contamination. C'est d'ailleurs pour cela qu'après une prise de risque, le test est à faire immédiatement après et à renouveler 3 mois après. Bref avec cette fenêtre sérologique, les risques de faire rentrer dans le circuit du sang contaminé augmentent. Pour faire baisser ce risque de manière considérable (pas jusqu'à zéro, c'est impossible !), l'EFS procède à un petit entretien (organisé différemment selon les régions) permettant d'exclure les individus ayant eu des chances d'être en contact avec le virus et par conséquent d'être contaminés. Vous avez consomné de la drogue en intraveineuse ? Vous avez eu des relations sexuelles en échange d'argent ? Vous avez été en prison ?... Et vous êtes homosexuel ?

On le voit bien toute ces questions se basent bien plus sur la notion de population à risque que de pratique à risque. Ce qui est gênant pour deux raisons. Tout d'abord, comme le dit Sainte Roselyne, c'est discriminatoire. Déjà parce qu'être pd, c'est bien plus qu'avoir des relations sexuelles avec d'autres hommes, c'est se reconnaître dans une identité et dans une communauté plus ou moins diffuse. Ainsi on peut être pd et n'avoir jamais eu ou ne plus avoir de relations sexuelles. Oui pourquoi pas ? Il y a bien des homos de droite maintenant, pourquoi pas des pd abstinents ? C'est ça les avantages de l'intégration ! On peut aussi être pd sans s'être tapé toute son équipe de rugby sans préservatif ! Cela dit, cette situation n'intéresse pas l'EFS parce qu'elle considére, à juste titre, que la déclaration d'une sexualité protégée ne permet pas de réduire suffisamment le risque de prélever du sang contaminé : il peut y avoir des accidents ou une irrégularité dans la protection... L'EFS refuse donc de la même manière les hétéros qui déclarent avoir eu plusieurs partenaires dans les derniers mois... même s'ils se sont protégés. Dernier point, on peut être homo et vivre en couple monogame, fidèle, traditionnel... On pourrait dire qu'on est même plutôt incité à le faire. Ces pd-là devrait pouvoir donner leur sang au même titre que les hétéros vivant en couple (qui sont à peu près les seuls à pouvoir donner leur sang avec les personnes âgées en bonne santé et les abstinents). Mais jusqu'à présent ce n'était pas possible parce que pour l'EFS PD = Sida. D'autre part, il faut ajouter que cette notion de population à risque est aussi problématique en terme de prévention : les femmes qui sont de plus en plus touchées par le virus et qui en plus résistent moins bien aux traitements en savent quelque chose puisqu'on ne leur a jamais dit qu'elles étaient une population à risque.

Pour défendre son point de vue, y compris contre les directives de Roselyne Bachelot - il faut dire qu'ils sont un poil traumatisés par l'affaire du sang contaminé et que des ministres, ils en ont vu passer -, l'EFS fait appel à des données épidémiologiques et de savants calculs de risque. On peut même dire qu'elle refuse le terrain de la discussion sur les discriminations en s'abritant derrière une expertise pas toujours compréhensible par tous. D'ailleurs en 2000, je crois, quand avec mes copines de Prochoix et d'Act-Up Toulouse, on s'était affronté à l'EFS qui exclue les homos depuis 1983, on avait bien vu que leur discours n'était pas très classe quand on arrivait à les faire sortir des questions de prévalence dans une population donnée. Par exemple, quand on avait, lors d'une action, expliqué aux responsables d'un centre de prélèvement qu'il n'y avait aucune raison de refuser le sang d'un homo en couple monogame, ils nous avaient répondu en substance que les couples homos sont plus infidèles que les couples hétéros... et que malgré les déclarations lors de l'entretien les homos peuvent mentir ! Ok, ça s'appelle donc de l'homophobie !

Pour finir, je trouve ça plutôt atterant de voir qu'entre 2000 et aujourd'hui le discours de l'EFS n'a pas changé. D'ailleurs Jean-Daniel Flaysakier, monsieur santé de France 2, a consacré un article sur cette déclaration de Sainte Roselyne sur son blog. Clairement du côté de l'EFS, il nous explique de manière très scientifique que :

"Depuis (l'affaire du sang contaminé) des progrès énormes ont été faits en matière de sécurité, notamment avec des tests ultra-performants et aussi grâce aux mesures d’exclusion, sans doute parfois excessives, mais qui répondent aux mesures de précaution indispensable pour éviter de nouveaux drames."

De nouveaux drames ? Woaw ! Comment c'est puissant d'être PD ! Autant des fois je me sens comme une petite crotte, autant d'autres je me sens comme Phoenix dans les X-men. Elle a un pouvoir tellement immense que ça la dévore et que plusieurs fois elle manque bien de détruire l'univers. Je donne mon sang : je créé de nouveaux drames ! Je me marie : je déstabilise la civilisation entière et le parthénon tremble sur ses fondations ! J'adopte un enfant et là c'est carrément l'apocalypse avec vacarme de trompettes et anges armés jusqu'aux dents ! En fait, la vie des pd, c'est un peu Heroes ! Plus loin Jean-Daniel nous explique que :

"La décision que s’apprête à prendre Roselyne Bachelot-Narquin fera plaisir à Jean-Luc Romero et à un certain nombre de personnes. Elle va déplaire à beaucoup d’autres et, probablement, inquièter et effrayer même encore plus de monde."

On dirait que c'est bien là le coeur du problème. La peur. Peur du sang des pd ! Mais ce n'est pas forcément sur la peur du sida que repose la peur du sang des pd. C'est comme si ça allait plus loin. Ca vient de là-bas, tout au fond, dans le cerveau reptilien des réacs de tous poils, même ceux qui s'ignorent, qui rêvent de sang pur.

vendredi 7 décembre 2007

washing machine

Très inspiré, je racontais à ma copine K. qu'en ce moment, j'étais dans la machine à laver de la vie. Trop d'émotions, trop de bouleversements... trop vite, trop soudainement. Miracle de la bière, je filais même la métaphore : j'étais resté longtemps dans la panière à linge sale de la vie et, entre un vieux slip sale et une chaussette qui ne retrouvera jamais sa paire, j'avais fini par trouver ma place. J'étais au chaud, tranquille. J'aménageais mon petit jardin intérieur. Ma copine K. écoutait sans rire ! C'est parce que Jesus était dans le vin qu'elle buvait !

Et puis en marchant, ça a été comme une illumination. Vous vous souvenez ? Elle avalé, la machine avalé ! Dorothée, 1989. Je suis sûr que tous ceux qui sont nés en 1977 s'en souviennent. Sauf que dans mon souvenir, y'avait une histoire de machine à laver ! Bref, il aura fallu 18 ans pour que cette chanson remonte à la surface de mon cerveau sous la forme d'une métaphore idiote. Etonnant, non ?

mardi 4 décembre 2007

sans commentaires

Non, Johnny Hallyday, notre Madonna à nous, n'a pas que de bons amis. Attention, je ne dis pas qu'il y a des gens qui n'aiment pas Johnny, je dis seulement que Johnny devrait mieux choisir ses amis. Par exemple, il pourrait en choisir des plus intelligents. (attention, le monsieur qui a l'air sympa et détendu sur la photo n'est absolument pas concerné par ce qui va suivre)

Exemple :
Je voulais vous faire un compte-rendu d'un article lu dans Le Monde sur la fin définitive de la carrière de Jean-Philippe Smett ! Je voulais écrire des trucs dégeulasses : genre "Dieu existe : il met fin à la carrière de JH" ou "lifting + teinture blonde + cramage de la peau aux UV = Johnny pourrait bien avoir atteint l'âge de 208 ans !". Mais je n'en ai même pas eu besoin (c'est mon karma qui est content). Parce qu'en recherchant cet article, que je n'ai jamais retrouvé (j'ai même cru un instant avoir rêvé - drame), je suis tombé sur ça sur le site du nouvel obs ! Je ne résiste pas au plaisir !

"LA DERNIÈRE TOURNÉE DE JOHNNY HALLYDAY

"Il arrête aujourd'hui, il recommence demain"

Johnny Hallyday a assuré hier soir sur TF1 qu'il ferait, en 2009, sa dernière tournée. Est-il moins en forme que les Rolling Stones ou autres dinosaures ? Son annonce est-elle un coup marketing ?

- Il est aussi fort que Jagger et les autres vieux routiers du rock'n'roll. Il doit donc avoir de bonnes raisons, comme jouir de la vie ou rester avec sa famille. Mais je peux vous assurer qu'il se trouve en bonne santé. Johnny c'est Johnny. Il arrête aujourd'hui, il recommence demain. Il faut prendre cette annonce avec toutes les précautions du monde du rock'n'roll.

Sa tournée s'appelle "M'arrêter là", les fans s'attendaient-ils à cette décision ?

- "M'arrêter là" peut-être interprété de milliers de façons différentes. Sur les affiches, on le voit devant une porte. Cela peut signifier qu'il s'arrête devant une porte. Jean-Jacques Goldman a écrit une chanson qui s'appelle "Pigeons". Cela ne voulait pas dire qu'il voulait élever ou donner à manger aux pigeons. En revanche, je trouve l'affiche de cette tournée admirable et magnifique. Le présenter de dos est une bonne idée.

Voter Nicolas Sarkozy, jouer du blues, arrêter les tournées, s'occuper de sa famille : Johnny Hallyday est-il un rockeur ?

- C'est la rock'n'roll attitude. Et Johnny est dans la rock'n'roll attitude totale, à l'instar de Bruce Springsteen, Jimmy Page ou Eric Clapton. Il ne faut pas prendre cela au premier degré. Ce ne sont pas des gens comme vous et moi. Il faut tout comprendre à l'envers. Même si le rock'n'roll est une affaire sérieuse, tout cela ne l'est pas. Ou on tombe dans le bassin tout petit, ou on ne comprend rien. Comme Tintin au pays des rockeurs, quand on se trouve sur l'autre bord du trottoir, j'imagine que l'on observe cela avec étonnement.

Interview de Samuel Bernett par Alain Roux

(le lundi 3 décembre 2007)"

Pour info, Samuel Bernett est le biographe officiel de la star.

Chers amis, je vous invite à noter dans votre carnet de phrases cultes un petit top three qui parle de lui-même :

number 1 : "sur les affiches, on le voit devant une porte. Cela peut signifier qu'il s'arrête devant une porte."

number 2 - "Il arrête aujourd'hui, il recommence demain. Il faut prendre cette annonce avec toutes les précautions du monde du rock'n'roll."

number 3 - "Et Johnny est dans la rock'n'roll attitude totale."